« Si on ne prend pas de but, on sera qualifié. » Cette phrase ne vole peut-être pas très haut mais dans la bouche de Grégory Coupet, elle prend de la valeur. A l’aller, avec un brin de réussite (deux poteaux favorables), il avait largement contribué au succès lyonnais. Avec désormais une grosse expérience européenne - le portier international disputait son 76eme match de Coupe d’Europe - Coupet sait que les buteurs et les gardiens sont décisifs dans ce genre de match couperet. Désireux d’aller le plus loin possible, l’ancien Stéphanois avait l’envie des grands jours : « Nous sommes plus mûrs que l'année dernière. Avant, nous aurions été nerveux avant un tel match. Aujourd'hui, il n'y a que l'excitation de l'attente. » Objectif : garder sa cage inviolée, le meilleur moyen de ne pas trembler.
Et Coupet, concentré, depuis qu’il a écouté avant le match le même album de Linkin' Park pour se concentrer, va le rester. Car s’il n’a pratiquement rien à se mettre sous la dent, il ne peut résister à la tentation de discuter avec Fred qui s’échauffe à côté de son but. Et tant mieux pour Lyon. L’OL mène 1 à 0 quand Coupet sort le grand jeu en allongeant la jambe devant un Farfan virevoltant dans sa surface. Du bout du pied le danger est écarté. Du beau travail, propre et énergique qui dégoûte un peu plus l’attaque néerlandaise. Et comme Tiago a le bon goût d’aller marquer deux buts, c’est un Coupet satisfait et serein qui rejoint le vestiaire à la pause.
Mais pourtant, l’international sait qu’il ne peut concéder la moindre seconde de déconcentration. Même à 2-0, même à onze contre dix après l’exclusion de Cocu. Pour la confiance d’un gardien et d’une défense qui devra se coltiner une attaque beaucoup plus forte en quarts, il est important de ne pas prendre de but. C’est donc impassible que Coupet revient sur la pelouse. Et là encore, même schéma : rien à ne se mettre sous la dent, tant la maîtrise de ses dix coéquipiers est grande. Malgré tout, Coupet reste attentif, au cas où Cris commettait une erreur de contrôle devant un Néerlandais ou si Koné se montrait dangereux dans un temps mort lyonnais… Ce ne sera pas le cas. Coupet peut être satisfait : il n’a eu qu’un geste décisif à faire, il l’a fait.